X

  • X c'est l'inconnu

    Il a fallu enlever la plinthe sous la cuisinière, 

    retirer le lave-vaisselle de là où on avait eu tant de mal à l'introduire sans faire de dégâts, 

    arracher une planche sous le meuble de la cuisine,  

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    pour qu'enfin un premier mystère soit résolu: 

    oui, il y a bel et bien une citerne d'eau de pluie sous la cuisine, 

    un truc rond en béton, 

    qui contenait autant de boue que d'eau. 

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    et pendant qu'on y était, on a résolu tous les autres mystères 

    de l'écoulement des eaux usées 

    et compris pourquoi il y a cette odeur-là 

    dans la maison 

    tongue-out 

    Il reste quatre mois à Monsieur l'Entrepreneur 

    pour faire le reste du travail.

  • X c'est l'inconnu

    Qu’il soit permis à l’Adrienne de rappeler à la jeunesse une autre réalité de l’époque : dès qu’on avait quitté la maison, on y laissait en même temps la possibilité d’être joint au téléphone, les seuls appareils étant fixes. 

    Début juillet, l’Homme, l’Adrienne et le Chien Parfait ont donc quitté leur verte campagne, traversé la Belgique et l’Allemagne, passé deux jours en Autriche, traversé la Hongrie, passé encore un jour à Eger et une nuit à Tiszafüred avant d’entrer en territoire roumain. 

    voyage,roumanie,souvenirs,chien

    au camping de Tiszafüred 
    chien parfait posant comme on le lui a ordonné 

    kiss 

    (ici la narratrice fait une pause, l’émotion est trop forte, les souvenirs affluent, les images sont encore si vivaces et pourtant il n’y a dans l’album qu’elle est allée chercher au grenier aucune photo de tout ce trajet entre la frontière hongroise et le sud de la Roumanie : 374 mémorables kilomètres sur des routes plus ou moins asphaltées, où passent aussi des charrettes tirées par des mulets, des charrettes à bras, des troupeaux de canards, des oies, des chèvres, des moutons, des chiens vagabonds... et où jouent des enfants

    voyage,roumanie,souvenirs,chien

    route menant au village où Violeta enseignait à l'époque 

    Tout ça pour vous dire que sans téléphone portable, sans GPS, sans rien, il a fallu trouver la bonne rue dans une ville de 300 000 habitants, trouver le bloc H3 parmi des dizaines d’autres blocs, tous semblables, trouver l’escalier C, et enfin la porte de l’appartement de Violeta. 

    voyage,roumanie,souvenirs,chien

    bloc H3 escalier C 

    L’Adrienne sonne. Une gamine vient ouvrir. Referme aussitôt la porte. On l’entend courir et crier dans le couloir.

    L’Adrienne et l’Homme se regardent : se seraient-ils trompés d'appartement ? Aucun nom n’est indiqué sur la sonnette. Puis la porte s’ouvre de nouveau et malgré la mauvaise qualité de la photo qu’elle a envoyée dans un de ses courriers, on reconnaît Violeta :

    - C’est vous ? dit-elle. C’est vraiment vous ? Vous êtes vraiment venus de si loin pour nous voir ?

  • X c'est l'inconnu

    Vers la fin du trimestre, une gentille collègue avait lancé un appel: pour pouvoir réaliser des travaux de fin d'année avec les petits de professionnelle, elle était à la recherche de boutons. 

    - Est-ce que ça peut être de très vieux boutons de grand-mère? a demandé Madame, qui pour la première fois de sa vie se sentait prête à se défaire de sa "collection" de vieux boutons, de ceux qui étaient déjà vieux quand elle avait six ans et qu'elle pouvait jouer à les classer, les mettre en rangs, les disposer pour former des dessins, pendant que sa grand-mère était penchée sur sa machine à coudre. 

    - C'est d'autant mieux s'ils sont très vieux, avait répondu la gentille collègue. 

    Alors Madame, avec de ces gestes très doux qui marquent le respect pour les vieilles choses qui n'ont de valeur que sentimentale, a ouvert l'étroit tiroir de l'antique machine à coudre, en a sorti toute la collection de boutons et s'est remise une dernière fois à les trier. 

    boutons.JPG

    vieux boutons de chemises, de pyjamas, de braguettes, de cardigans... 

    ne riez pas, il a été dur de s'en séparer: 

    Madame revoit les larges pyjamas rayés de son grand-père, 

    les longues chemises à liquette de son arrière grand-père, 

    le cardigan raglan en laine verte et beige de sa grand-mère 

    et ses porte-jarretelles vieux rose... 

    *** 

    Et puis, que s'est-il passé? 

    Madame est allée admirer les oeuvres réalisées - les photos se trouvent avec le billet d'hier - et a vu des bonshommes de neige en gobelets plastique, des rennes et des sapins en bouchons de liège, en papier, en métal, en bois, des cartes de vœux recouvertes de riches couleurs et de scintillantes paillettes... 

    Mais où étaient passés ses vieux boutons? 

    souvenirs d'enfance,adrienne

  • X c'est l'inconnu

    Tu vois cette photo, mon fils? Tu vois ces murs si hauts et cette rue étroite, comme pour empêcher le soleil de l'atteindre? 

    Ta grand-mère, le soleil, elle l'aimait. Elle ouvrait ses volets, elle ouvrait ses fenêtres. Les bruits de la rue aussi, elle les aimait. 

    Et puis tu vois, il est écrit "Epicerie". Ça, c'est nous, notre famille, c'est notre nom: El Attar. 

    Quand ton aïeul a dû se choisir un nom pour l'état-civil, il a choisi celui qui désignait son métier, le vendeur d'épices.  

    Toi, l'épicerie de la photo, tu ne l'as jamais connue, bien sûr. Il y a longtemps que ton grand-père a fermé sa boutique. 

    Mais c'est là, dans cette rue-là, que dans les années soixante il a été "l'Arabe du coin", celui qui est ouvert le dimanche. 

    Tu comprends maintenant pourquoi je tiens tellement à cette "vilaine photo", comme tu dis? 

    C'est notre histoire, mon fils. 

    C'est ton histoire.

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    source et consigne chez Lakévio

  • X c'est l'inconnu

    Ce bel inconnu qui entre dans votre maison et dans votre vie, avec sa patte de velours et la force de son regard, Anny Duperey l'appelle "le chat de hasard". 

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    éditions Retrouvées, 1999 

    "Il vint me rendre visite tous les jours et j'étais ravie de cette compagnie. Le matin, quand j'ouvrais la porte ou la fenêtre il apparaissait presque tout de suite, refaisait un petit tour dans les pièces comme pour s'assurer qu'on n'avait rien changé en son absence, puis il grimpait sur ma table. Je lui installai vite un coin sous la lampe avec un foulard douillet pour éviter qu'il ne se couche en travers du cahier, ce que les chats font toujours. Quand ils sont étalés un peu en dehors du papier et qu'il n'y a qu'une queue à pousser pour finir une phrase, ça va, mais si c'est le corps entier, c'est plus gênant." (p.81) 

    *** 

    Dans cinq jours je retrouve mon chat de hasard 

    bien vieux et bien malade 

    pendant que ma carissima nipotina découvre un joli coin de l'Italie 

    et ce sera un vrai bonheur 

    de le soigner 

    et de l'entendre ronronner 

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    le voici à l'époque où il était encore plus rapide que sa photographe 

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    le dernier été ensemble 

    Relire Anny Duperey, c'est retrouver, très forte, l'envie d'avoir un chat à ses côtés. 

    "Comme les minutes, les heures, paraissent plus légères, plus vivantes, lorsqu'un discret ronron les accompagne. Ce simple bonheur d'être, qui n'a à compter ni avec l'effort ni avec le temps, vous console de tous les moments à vide (...)" (p.82) 

  • X c'est l'inconnu

    Hier, un article assez discret mentionnait que sept journalistes palestiniens avaient vu leur compte fb bloqué. 

    Fb ne dément pas, mais parle d'un hasard. 

    Pur hasard s'il s'agit de journalistes palestiniens. 

    Pur hasard que fb a signé un accord avec Israël précisément ce mois-ci pour éliminer tout ce qui déplairait aux dirigeants de ce pays. 

    Pur hasard si dans 95% des cas, fb obtempère et accède aux désirs d'Israël d'ôter l'info qui gêne. Tout comme l'ami G**gl*. 

    Car bien évidemment, il est préférable de ne pas nous inquiéter sur la façon dont la Palestine est gérée, spoliée, enfermée, tenue à l'écart de tout spectateur extérieur et même de toute aide. 

    Et si aide il y a, s'empresser de démolir. Que ce soient des poteaux électriques ou un terrain de jeux pour enfants. J'en ai déjà parlé ici, tout ça avait été offert par la Belgique puis rasé par Israël. 

    "Wat niet weet, wat niet deert", dit le proverbe en néerlandais: si tu ne le sais pas, tu ne dois pas non plus t'en charger la conscience. 

    Fermons les yeux du monde sur les exactions. Je lis chez Lucette Desvignes qu'Israël a même obtenu de la France qu'elle interdise des actions du genre "boycot". 

    Bref, s'il n'en reste que deux à s'énerver très fort sur ce qui se passe là-bas, ce sera Lucette Desvignes et moi. 

    Sauf qu'elle le fait avec infiniment plus de talent. 

    Je vous en donne un autre exemple icicool

  • X c'est l'inconnu

    Il me semble que cette Giulietta est fort surprise 

    de se trouver toute nue 

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    sur le mauvais balcon... 

    *** 

    photo prise à Ostende 

    le vendredi 26 août 

    ***

    en supplément, parce que j'kiss ces beaux inconnus cool 

  • X c'est l'inconnu

    Depuis que l'Adrienne a décidé - in tempore non suspecto - de faire ce petit voyage archéologique dont elle rêve depuis des années, les événements les plus inquiétants se sont succédé.

    Attentats, tentative de putsch, état d'urgence, des milliers d'arrestations (où les met-on, d'ailleurs, tous ces gens? les prisons ne sont-elles pas déjà pleines?) et d'autres milliers à qui on enlève leur droit au travail... 

    Bref, de moins en moins de raisons d'aller se fourvoyer dans cette galère, mais les organisateurs assurent que le lieu de destination est "parfaitement calme".

    sagalassos.jpg

    source de la photo:

    http://www.tursaga.com/fr/planifier-sa-visite/visiter-sagalassos 

    ***

    Embarquement ce matin et retour la semaine prochaine:

    vous serez donc les premiers à savoir quelle sorte de "calme parfait" l'Adrienne y aura rencontré

    cool

     

  • X c'est l'inconnu

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    Voilà ce qui arrive quand on se promène dans Bruxelles

    et qu'on lève le nez

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    On voit des orangers, des bananiers

    On prend quelques photos

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    Puis on poursuit sa route

    sous le soleil d'avril  

    et on oublie de noter

    le nom de ce bijou...

    ***

    pour le projet du Hibou

    semaine 26 - bijou

  • X c'est l'inconnu

    10
    Pour rafistoler un coeur en détresse
    Il faut plus qu'une petite compresse

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    9
    Pour soutenir un coeur en charpie
    Il ne suffit pas d'une béquille

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    8
    Pour soulager le coeur qui pleure
    Il faut plus qu'un antidouleur

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    7  
    Si tu as le coeur brisé
    Je te chante du Bizet

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    6
    Si tu as le coeur gros
    Je le rends allegro

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    5
    Ton coeur en compote
    Je le retricote

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    4
    Coeur qui soupire
    Vois ton empire...

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    3
    Coeur en miettes
    Ne t'inquiète

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    Coeur d'or
    J'adore

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    1
    Le jour n'est pas plus pur que le fond de ton coeur...

    (alexandrin monosyllabique pris chez Racine, Phèdre, acte IV scène 2:
    Hippolyte: Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur)

    ***

    pour le défi du samedi n°404

  • X c'est l'inconnu

    Tout à coup, je me suis trouvée face à ce mur de BD 

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    qui présente les personnages de Marc Sleen

    Je me demande dans quelle mesure ses BD ont été traduites et je crains fort qu'elles soient très mal connues d'un public autre que néerlandophone... 

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    en bas, à gauche, Petoetje et Petatje, 
    couché dans l'herbe avec sa loupe, le détective Van Zwam, 
    aux pieds de Jan Spier, le génial petit Adhémar, 
    portés à bout de bras par Jan Spier, monsieur et madame Pheip, 
    Nero qui tend la main aux oiseaux 
    et enfin, dans les feuillages, Abraham Tuizentfloot... 

    *** 

    Tout ça fait un bien joli mur 
    que j'ai eu du plaisir à voir 

    cool

  • X c'est l'inconnu

    On s'est dit: cette perspective sur le tableau n'est qu'illusion d'optique, inventons le cubisme. 

    On s'est dit: cette représentation de la réalité sur le tableau n'est qu'illusion, faisons du Pollock ou du Malévitch.

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    Jackson Pollock, Painting (Silver over Black and White, Yellow and Red) 1948 
    photo prise à l'expo Daniel Buren à Bozar 

    On s'est dit: ce carré blanc sur fond blanc, c'est encore de la représentation, de la peinture, de l'illusion. Rendons-la complète et faisons le tableau-miroir. 

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    L'illusion est complète puisqu'il suffit de se déplacer légèrement pour voir autre chose 

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    une autre lumière reflétée 

     Bertrand Lavier, On Reflexion, 1984 

    On s'est dit: ce cadre autour de la peinture, n'est que l'illusion d'une limite. Pourquoi l'y confiner? Faisons-le disparaître. Ou mieux encore: exploser!  

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    Côme Mosta-HeirtSans titre, 2015 

    L'Adrienne s'en est retournée fort songeuse. Illusion de relief en mettant d'épaisses gouttes de peinture sur la toile ou en lacérant le canevas de deux coups de couteaux... why not? 

    art,expo,bruxelles,peinture

    Giovanni Anselmo, Oltremare

    Mais que fera-t-on après, quand on aura démonté l'ultime facette de cet art de l'illusion qu'est l'art?  

     

  • X c'est l'inconnu

    Si vous voulez que Madame s'étrangle dans son bol de flocons d'avoine - avec ou sans framboises portugaises - faites-lui lire ce genre de titre alors qu'elle prend son petit déjeuner par un beau dimanche matin:

    "Wij krijgen al acht jaar Frans en nog steeds ben ik nauwelijks in staat om met een Waal over het weer te praten. Laat staan dat ik er een zinnig gesprek kan mee hebben" (1)

    l'article ici

    Voilà.

    Le procès des profs et de l'enseignement du français en Flandre est réglé en deux coups de cuiller à pot. Du très beau travail de journaliste, profond, fouillé, documenté. 

    Le français, cet inconnu...

    ***

    Bon, la semaine prochaine, Madame et ses élèves reverront le vocabulaire de la météo.

    Pour ce qui est des "vraies conversations", il n'y a pas lieu de s'inquiéter.

    Ils assument.

    ***

    (1) après huit ans de français, je suis à peine capable de parler de la météo avec un Wallon, et loin d'avoir avec lui une vraie conversation

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    Premier septembre: des "petits" de 12 ans complètent leur nom dans leur tout nouveau journal de classe. Quand ils arriveront chez Madame, quelques années plus tard, ils sauront déjà parler de la pluie et du beau temps.

    Si, si. 

  • X c'est l'inconnu

    Une fois par quinzaine, dans le quartier de tante Fé, on a le droit de déposer devant la porte trois sortes de choses: les paquets de papier et carton, le léger sac PMD strictement trié (1) et la poubelle vert bouteille contenant ce qui n'est ni dangereux ni recyclable.

    Une fois par quinzaine, au milieu de la nuit, deux sacs PMD apparaissent mystérieusement à la grille de l'Adrienne. Ils ne contiennent qu'une seule chose: un énorme tas de canettes de bière d'une marque bon marché.

    Deux énormes tas de canettes vides. Depuis deux ans que l'Adrienne habite cette maison. Chaque quinzaine.

    Alors l'autre jour, quand charmante voisine numéro deux était si bien disposée à bavarder un moment, l'Adrienne s'est enhardie à lui dire son souci:

    - J'aimerais bien savoir qui vient déposer ses sacs de canettes de bière devant ma porte! Vous n'auriez pas une idée?

    - Oh! ça fait des années! s'écrie-t-elle. Des années! Et ce n'est sûrement pas quelqu'un du voisinage!

    Des années et des années que quelqu'un a honte de mettre ses canettes vides devant sa propre porte et qu'il vient les déposer devant la maison de tante Fé. 

    Depuis deux ans, c'est l'Adrienne qui a la honte.

    maison,ca se passe comme ca,vie quotidienne

    là, côté jardin, près de la clématite

    ***

    (1) je vois qu'en français il s'appelle PMC https://www.fostplus.be/fr/trier-recycler/tout-sur-le-tri/regles-de-tri-pmc

  • X c'est l'inconnu

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    © Leiloona

    http://www.bricabook.fr/2015/12/202e-atelier-decriture/

     

    Il faut imaginer les pierres debout 

    Les murs surmontés d'un toit 

    Des gens qui passent, entrent, sortent... 

    Des cris, des crasses, des bruits, des odeurs.

    Il faut imaginer toute une vie 

    inconnue.

  • X c'est l'inconnu

    Deux fois déjà, Madame a eu un élève dont la maison a brûlé. Quelle que soit l'ampleur de l'incendie, les dégâts causés par les cendres et l'eau sont toujours tels que rien ou presque n'est récupérable.

    Qu'a-t-on de plus précieux, une fois que la vie des êtres chers n'est plus en danger?

    Qu'allez-vous essayer de sauver des flammes?

    Après l'incendie, les copains de classe ont un peu rigolé quand Michaël a raconté que la seule chose qu'il avait sauvée des flammes, c'était son cartable. Son père a sauvé sa bagnole, qu'il s'est dépêché d'éloigner du danger.

    Plus tard, ce qu'ils ont tous regretté, c'est de n'avoir plus aucune photo. Plus rien de leur passé familial, les baptêmes, les vacances, les fêtes de famille, les grands-parents décédés: plus aucune image souvenir de tout cela.

    Alors Madame a tranché la question une fois pour toutes: ce qu'elle essaierait de sauver des flammes, ce serait le vieil album de photos. Celui avec la petite Ivonne, les petites sœurs mortes à quatre et huit ans, les aïeux endimanchés, les bébés nus sur des peaux de mouton, les communiantes et les mariées.

    Mais aujourd'hui elle se demande si elle ne sauverait pas plutôt son ordinateur. Il reste juste à numériser les vieilles photos...

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    pour le projet 52 de Ma' - thème: précieux

    http://manuelles.canalblog.com/tag/projet%2052

     

  • X, la belle inconnue

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    Les photos étaient permises

    alors je n'ai pas pu résister

    et j'en ai pris tant et tant

    sans rien pouvoir noter -

    il fallait laisser les sacs au vestiaire - 

    que celle-ci restera

    une belle inconnue.

    Une très belle inconnue.

    ***

    Toutes les infos ici:

    http://www.kmkg-mrah.be/fr/expositions/sarcophagi

    "Masque de momie, Nouvel Empire, fin de la 18e dynastie"

    dit-on sur le site

    dont les concepteurs ont apparemment flashé

    sur la même jolie dame

    qui restera à jamais

    une belle inconnue

    Langue tirée

  • X c'est l'inconnu

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    © Julien Ribot

    http://www.bricabook.fr/2015/09/atelier-ecriture-189-une-photo-quelques-mots/

    Autrefois, il y avait un groupe d'une bonne vingtaine de personnes devant l'étal du maraîcher. Sa femme et lui, aidés de deux ou trois jeunes filles, baratinaient les clients en attente, tout en les servant prestement: on pesait large, on arrondissait les prix par le bas et on se trompait rarement dans l'ordre d'arrivée des uns et des autres. Ambiance bon enfant ou voyeurisme ("Tiens, madame G*** achète des asperges, son fils vient sûrement dîner") rares étaient ceux qui s'énervaient. On se joignait à la foule et on papotait.

    Aujourd'hui, il faut prendre un ticket avec un numéro d'ordre, faire très attention à ne pas rater le cri annonçant votre chiffre et le brandir très vite, très haut, pour être servi. Pas question de papoter, on raterait son tour. Certains, en prenant leur ticket et en voyant qu'ils ont le 42 alors qu'on sert justement le 12, se découragent et s'en vont. Le maraîcher, sa femme et les deux ou trois jeunes filles qui les aident, ne baratinent plus les clients en attente. La célérité avant tout. On ne rigole plus tellement.

    ***

    Autrefois, avant de se décider à un achat, la ménagère faisait le tour des étals, son cabas au bras. Elle comparait les prix et la qualité offerte. Là, les fraises sont moins chères, mais elles sont moins fraîches. Les asperges moins grosses. Les poireaux moins beaux. On prenait le persil ici parce qu'il n'est pas frisé et les tomates là-bas parce que ce sont des Marmandes. On avait son maraîcher de prédilection et quelques autres fournisseurs.

    Aujourd'hui, chaque vendeur essaie de vous fidéliser autrement que par ses prix ou sa qualité: il vous offre une carte client, qu'il tamponne allègrement par tranche de 5 euro d'achat et par laquelle il vous promet cadeaux et réductions.

    ***

    Autrefois, toute la place du marché était pleine d'échoppes et la circulation bloquée. Aujourd'hui, on a libéré le pourtour, les voitures peuvent passer.

    Je me demande de quoi sera fait demain...

     

  • X c'est l'inconnu

    Depuis quelques semaines, une balade en centre ville passe obligatoirement par le "carré" des fouilles archéologiques.

    Je vous ai déjà dit, je pense, que l'archéologie a été ma première vocation et que sans la remarque de mon père "si tu crois que c'est avec ça que tu vas gagner ta croûte", j'aurais entamé ces études-là.

    Bref, des archéologues sont au travail dans ma ville, pile sur le trajet entre la maison de tante Fé et l'appartement de ma mère Cool

    - Je peux prendre une photo? dis-je à la jeune femme qui fait la pause dans son trou plein d'ossements.

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    photo du 26 août

    Elle semble heureuse de pouvoir répondre à mes questions et à celles de l'amie bruxelloise que j'ai entraînée jusque-là. Amie qui est choquée de voir des fémurs, des tibias et des crânes défoncés. Des cercueils de bois, il ne reste que poussière, à peine une trace colorée.

    Couche après couche, on a déjà ressorti tellement de squelettes de ce (relativement) petit trou que la jeune archéologue en semble complètement blasée.

    - On en a encore envoyé un au labo cet avant-midi, dit-elle.

    Couche après couche, on remonte dans le temps. On espère ainsi arriver jusqu'aux origines. Au labo, les restes humains sont lavés, datés et examinés sous toutes les coutures, si j'ose dire. Il paraît qu'on arrive même à en déduire le régime alimentaire et les maladies.

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    ici, le collègue qui dégageait des squelettes le 21 août

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    On s'en retourne avec l'amie, complètement dégoûtée. Je ris:

    - Ben tu vois, on ne risque pas de m'envoyer au labo, je choisis la crémation!

    Elle non. La terre, la pourriture, elle préfère ça aux flammes, malgré tout.

  • X c'est l'inconnu

    Elle cuit sur ce seuil depuis bientôt une heure quand une dame blonde descend de son vélo, tout sourire. Il y a un gros sac de courses de chaque côté de son guidon et un ou deux autres sur le porte-bagage. Qui donc trimbale tout ça en plein cagnard, se demande-t-elle en voyant les pots de yaourt. Et quel est son secret pour ne pas montrer la moindre trace de sueur quand il fait 40° à l'ombre?

    - Vous êtes déjà là! s'exclame la cycliste avec l'étonnement.

    - Vous n'avez pas eu mon message?

    - Si, si! Mais je n'y ai pas répondu parce que j'étais en grande conversation téléphonique avec mon fils et puis j'avais des courses à faire, comme vous voyez. C'est Suzanne, la dame d'en face, qui m'a prévenue que quelqu'un voulait à toutes forces entrer chez moi.

    Et disant cela, elle part d'un grand rire.

    Entrer à toutes forces? se dit la voyageuse, il me semble que j'ai seulement sonné deux fois, très poliment.

    Et là, derrière ces volets clos de la maison d'en face, il y a une Suzanne qui a tout vu depuis le début et qui ne s'est jamais manifestée, même pas pour offrir un verre d'eau? 

     _copie-0_DSCI2106 - kopie.jpg

    ceci est une photo prise le lendemain matin
    - la vue depuis ma chambre -
    et ce n'est pas la maison de Suzanne
    Langue tirée

  • X c'est vraiment X

    Les chansons sont si anciennes - pensez donc, de la musique de la Renaissance! - qu'elles en ont acquis un tel air de respectabilité qu'on peut se permettre de les chanter dans une église.

    N'est-ce pas? 

    Autour du podium installé dans la nef centrale, des têtes grisonnantes, quelques jeunes, chacun dans un silence religieux. Comme il se doit.

    Puis vient le tour de Clément, celui qui précise qu'il n'est pas le pape. 

    Le contre-ténor entonne le madrigal suivant:

    Frisque et gaillard un jour entre cent mille
    Je m'entremis de faire ample ouverture
    Au cabinet d'une mignonne fille
    Pour accomplir les oeuvres de nature.
    La fille me répond: Tel est mon appétit
    Mais mon ami je crains qu'il ne soit trop petit.
    Quand elle le sentit, s'écria: Notre Dame!
    Et tôt dépêchez-vous car je me pâme!

    La musique est ici: https://archive.org/stream/imslp-et-gaillard-clemens-non-papa-jacobus/PMLP146496-Clemens_Frisque_et_gaillard#page/n3/mode/2up

  • X comme histoire X

    - Il n'y a pas la wifi? demande-t-elle à un garçon qui passe entre les tables. Ah bon, alors j'éteins!

    Elle en semble satisfaite, alors qu'allumer son ordinateur portable avait été sa première préoccupation, dès qu'elle était assise.

    - Ils ont un excellent filet américain, ici, dit l'homme qui lui fait face. Je vais prendre ça.
    - Et moi le poisson du jour. J'adore le poisson!

    Après, comme il n'y a pas la wifi, elle parle. De ses deux (ou était-ce trois?) "relations" qu'elle a eues depuis qu'ils se sont quittés, combien de temps elles ont duré, et combien de temps a duré la déprime post-rupture, combien de kilos ça lui a fait prendre et combien elle en a reperdu.

    - Comment tu me trouves? lui dit-elle.
    - ...?
    - Oui, tu me trouves beaucoup changée? Tu trouves que j'ai grossi? Depuis trois ans?
    - Je n'ai pas l'impression. Quand je te prends dans mes bras, ça me fait pareil qu'autrefois.
    - Ah bon? vraiment?
    - Mais oui! absolument pareil. Je ne sens pas de différence.

    On leur apporte les assiettes. Ils mangent en silence. L'assiette vide, la conversation reprend. Sur l'horaire de l'enfant qu'il faut aller chercher après l'école un vendredi sur deux, quand c'est son week-end à lui. Chez elle, c'est chacun sa semaine.

    - Tu sais, lui dit-il, que j'ai toujours gardé une photo de toi dans mon portefeuille?
    - C'est vrai? s'écrie-t-elle, ravie.

    Alors il la sort, pour le lui prouver, et lui met entre les mains une petite photo carrée sur laquelle on voit la tête d'une très jeune fille. C'est un peu sombre et flou.

    - Oh! mon Dieu! mais quel âge j'avais, là? Quinze ans! Mais quelle tête!
    - Je te trouve très jolie sur cette photo, dit-il.

    Puis il se rattrape:

    - D'ailleurs, je te trouve encore très jolie.

    10 mai (9) - kopie.JPG

    Voilà comment l'Adrienne et sa mère
    assises à la table d'à côté
    ont pu suivre plusieurs chapitres
    du roman de ce couple...

    Voilà pourquoi l'Adrienne et sa mère
    se sont dépêchées de payer et de sortir
    tout en regrettant
    que l'établissement n'ait pas la wifi


    ça leur aurait peut-être permis
    de manger à l'aise
    sans avoir l'impression
    de faire du voyeurisme

     10 mai (8) - kopie.JPG

     

     

  • X c'est l'inconnu

    Quelle ne fut pas la surprise de l'Adrienne, l'autre soir à un concert de musique de la Renaissance, d'entendre chanter ceci, composé par Thomas Crecquillon (première édition chez Susato à Anvers en 1543):

    Dedens Tournay, ville jolie
    Un jour passant mélancolie
    Je pris alliance nouvelle
    A la plus gaie damoiselle
    Qui soit d'ici en Italie

    (etc.)

    La chanson est ici, au numéro 14: http://www.letsloop.com/artist/capilla-flamenca/song/dedens-tournay ou ici http://www.musicline.de/de/player_flash/8711801101033/0/13/50/product

    Quelle ne fut pas la surprise de l'Adrienne d'y reconnaître tout de suite ce rondeau de son grand copain Clément Marot:

    Dedans Paris, ville jolie,
    Un jour, passant mélancolie,
    Je pris alliance nouvelle
    A la plus gaie demoiselle
    Qui soit d’ici en Italie.

    D’honnêteté elle est saisie,
    Et crois, selon ma fantaisie
    Qu’il n’en est guère de plus belle
    Dedans Paris.

    Je ne la vous nommerai mie,
    Sinon que c’est ma grand’amie ;
    Car l’alliance se fit telle
    Par un doux baiser que j’eus d’elle,
    Sans penser aucune infamie
    Dedans Paris.

    Depuis, elle s'interroge...

    Qui a décidé de remplacer Paris par Tournai? Et quand? Pourquoi? Et que se passe-t-il pour la rime en [i]?

    ***

    Faut dire que c'était un petit comique, ce Crecquillon Langue tirée

    Voyez par exemple sa chansonnette sur "Alix avoit mal aux dens"

    Alix avait aux dents la male rage
    et ne pouvait ce grand mal souffrir. 
    Son amy vint, qui a peu de langage, 
    incontinent la promit de guérir, 
    disant : je sais tous les maulx que tu sens, 
    rage d'amour passe le mal des dents.

    Ou écoutez son gai berger Langue tirée

    Ung gay bergier priait une bergiere
    en luy faisant du jeu d'amours requeste, 
    allez, dict elle, tirez vous arriere, 
    vostre parler je trouve malhonneste, 
    ne pensez pas que feroye tel default, 
    par quoy, cessez faire telle priere, 

    car tu n'as pas la lance qui me fault.

     

  • X c'est l'inconnu

    Ceux qui ce matin-là ont vu l'Adrienne en route pour l'école se baisser une dizaine de fois pour ramasser quelque chose à terre ont dû penser qu'elle trouvait une fortune en piécettes sur le sol.

    En réalité, elle tentait de sauver d'une mort certaine quelques-uns des vers de terre qui, pour une raison inconnue, avaient par centaines décidé de quitter leur terrain vague et de s'élancer sur le trottoir et sur l'asphalte. Etaient-ils attirés par la fine petite pluie qui tombait après des semaines de temps sec?

    En tout cas, l'Adrienne n'a pas pris le temps de les interviewer ni de les photographier: il y avait plus urgent à faire.

    ***

    Dans le jardin de l'école, elle a constaté que le lapin qui y avait passé l'hiver dans la solitude, avait trouvé un(e) partenaire.

    konijnen.JPG

    Malheureusement, la photo prise de très loin et à travers la vitre n'est pas très convaincante.

    Alors s'il faut une autre preuve, la voici:

    animal - kopie.JPG

    D'où viennent ces lapins inconnus? Lâchés dans le jardin du couvent quand ils ont cessé d'amuser la famille? Ils m'ont rappelé ce bon gros lapin noir et blanc qui avait réussi à survivre à un rude hiver dans notre petite réserve naturelle et qui au printemps suivant formait un couple avec un(e) lapin(e) sauvage. Cette année-là, quelques jeunots bigarrés ont apporté une touche d'excentricité dans les populations de la garenne.

    ***

    Projet 52 - semaine 13 - thème: animal

     http://manuelles.canalblog.com/archives/2014/12/30/31227714.html

     

  • X c'est l'inconnu

     jeu,fiction,muanza

    - Encore un peu de gâteau ?

    - Non, merci ! dit Muanza.

    Belle-maman a un réflexe de surprise : ce « non » est tellement inattendu ! Jamais personne n’a eu le culot de refuser une seconde part de son excellent moka, ne serait-ce qu’une infime tranchette qu’on accepte en disant d’un air hypocrite « C’est vraiment par gourmandise ! ». Surtout le jour de son anniversaire.

    Mars dans les Polders. Des goélands tourbillonnent à grands cris et le bouleau au bout du jardin plie avec souplesse sous un vent à six ou sept beaufort. Fils aîné entretient le feu dans la cheminée, « Noël au balcon, Pâques aux tisons », l’adage lui vient à point deux fois par an, même si ce n’est pas très objectif. La famille n’a jamais passé Noël au balcon. Il n’y en a pas, d’ailleurs.

    Belle-maman n’a pas l’occasion de reposer sa question. Muanza a passé le temps du dîner d’anniversaire à mûrir sa réflexion sur son avenir et déclare tout de go à la famille rassemblée :

    - Je vais partir… Je vais aller aux Pays-Bas.

    On sent bien que c’est une décision longuement méditée, pas une inspiration du moment, même si ces deux dernières semaines quelques coups du hasard  l’y ont aidé.

    - Ne fais pas ça ! s’écrie Pierre. Ça n’a pas de sens ! On va trouver une solution !

    - Non, dit Muanza. Ici la bataille est perdue. On ne m’acceptera jamais. Et je ne vous cause que des problèmes…

    Il règne un silence consterné quand le Père revient de sa cave, avec sous le bras ses bouteilles de cognac, d’armagnac et de whisky.

    - Quelqu’un est mort ? demande-t-il.

    - C’est Muanza, dit Pierre, il pense qu’il a plus de chance d’être reconnu comme réfugié politique s’il va en Hollande.

    ***

    écrit pour les Plumes d'Asphodèle n°41
    avec les mots imposés:

    Question, inattendu, merci, gâteau, méditer, souplesse, culot, surprise, hasard, décision, inspiration, trouver, hypocrite, goéland, bataille, réflexion, objectif, tourbillonner, tison.

     

    asphodèle.jpg

     

  • X ou Ickx

    débora1.jpg

    photo de Jean-Jacques Boujot

    c'est le tout premier jeu d'écriture chez Débora Anton
    donc c'est forcément ma première participation
    Cool
    Je souhaite longue vie et plein succès à son "patchwork de plumes"!

    https://naniloup.wordpress.com/2015/01/13/patchwork-de-plumes-jeu-n1/

    Je m’appelle Ickx, Jacky Ickx. C’est moi qui cours le plus vite de toute la bande.

    Tu as remarqué que mon pelage a roussi comme notre herbe ? Encore un de leurs trucs inventés pour nous exterminer. J’en suis arrivé à trouver que même les piloselles étaient mangeables, du moment qu’elles sont encore en bouton. Mais ça devient dur d’en trouver. Tout ce qu’ils appellent « mauvaises herbes » et qui constituait le plus fin de nos menus… pfffuittt ! un bon gros nuage de désherbant sélectif au printemps et on n’en parle plus !

    Mais là, c’est à l’herbe qu’ils se sont pris. Roundup, ça s’appelle. Et je peux te dire que ça pue ! Quand l’herbe sera complètement roussie, ils viendront avec de gros tracteurs, te retourneront tout ça et sèmeront des légumes pour une entreprise de congélation. Il paraît que ça rapporte plus que de faire engraisser du bétail. A condition de s’y mettre à grande échelle, bien sûr.

    Alors voilà, j’attends l’été en bouffant les dernières piloselles. Mon copain Eddy, qui a vécu la même chose chez lui l’an dernier, me dit que parfois ils sèment des petits pois, parfois des haricots, et parfois… ô merveille ! des carottes…

     ***

    en ce jour des Saints-Innocents
    il me semble que ce petit lapin a sa place
    Langue tirée
    Pour ceux qui s'intéressent à l'agro-alimentaire belge
    - section congélation de fruits et légumes -
    suivre ce lien 
    http://vegebe.be/fr/voorstelling/

  • X c'est l'inconnu

    Devant cette nuit chargée de signes et d’étoiles, je m’ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l’éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j’ai senti que j’avais été heureux, et que je l’étais encore. J’ai senti que j’avais en moi toutes les capacités nécessaires à l’être encore longtemps et à rendre heureux ceux qui voudraient bien partager un bout de chemin avec moi.

    Sans se poser trop de questions. Sans m’en poser. Juste accepter, jour après jour, la vie comme elle vient, la vie comme elle va. Et m’accepter moi comme je suis.

    Quand l’aumônier est revenu, alors que je l’avais si improprement chassé, j’ai finalement accepté de signer le pourvoi. Chacun m’assure qu’en cassation, le climat, le contexte et surtout la saison, tout sera différent. Que j’ai toutes mes chances de m’en sortir.

     

    Et puis surtout, j’ai décidé de ne plus me laisser faire.

     

    ***

    Voilà une fin "revisitée" qui tombe bien, en ce jour des Saints Innocents, non?

    Langue tirée

     camus,littérature,parodie,pastiche,jeu,fiction

    depuis que la photo a été prise, le tissu bleu est devenu un rideau
    et le tableau peint par une amie est accroché dans la salle de bains;
    mais Camus est encore dans une de ces boites
    en haut à gauche

    Cool

  • X c'est l'inconnu

    Lali.jpg

    http://lalitoutsimplement.com/en-vos-mots-398/

    Chaque lundi après-midi, j'attends Wladimir sur le banc au bord de la Néva, sur la route de Novossaratovka. J'apporte cinq ou six livres et lui un sac de jute dans lequel il a entassé toutes les bonnes choses que sa fille lui apporte le dimanche. Boulettes au cumin, brioche aux myrtilles, koulibiac, pierogi, gâteau au fromage blanc, je ne sais jamais ce qu'il en sortira.

    En échange, Wladimir ne sait pas non plus à quels extraits littéraires je vais le faire goûter. Généralement, je ne le sais pas moi-même jusqu'à la dernière minute.

    Il étale sa pelisse sur le banc, je lui fais la lecture, nous cassons la croûte, il m'offre ce qui reste avant de rentrer chez lui, sa canne bien tendue devant ses pieds.

    On pourrait dire que c'est elle qui connaît la route jusqu'à son appartement, deux cents mètres plus loin.

     

  • X comme Xavier

    Peu lui importe qu'il soit beau ou laid! Il est gentil et il la fait rire. Il est toujours là quand elle a besoin de lui. Personne n'ose l'embêter dans la cour de récré. Ceux qui disent qu'il est laid sont de vilains jaloux. Il est plus grand et plus fort que n’importe qui. Elle le suivrait au bout du monde. Ou en tout cas, au bout de la rue.

    Ils rentrent chez eux en traversant le jardin du couvent. Ils aiment cette promenade. En chaque saison, il y a des choses à découvrir, des merveilles à observer. Des pommes tombées à terre dans lesquelles il mord sans crainte des vers. Des bourdons et des papillons sur les asters. Des baies sur les lauriers-cerises. De la glace sur le bassin des poissons rouges.

    C'est lui qui fait les bêtises, les choses dangereuses et interdites. C'est elle qui a toujours un genou écorché, un sparadrap ou un bleu quelque part.

    - Tu es tellement maladroite! dit sa mère.

    Il fait le pitre rien que pour elle. Il louche. Il étire son visage dans des grimaces horribles. Cela fait partie de son charme irrésistible. Quand elle-même essaie de loucher, elle a mal aux yeux, et grand-mère lui dit d'un air menaçant:

    - Attention! Tu vas rester comme ça!

    Elle ne parle de lui à personne. Elle sait trop bien ce que chacun en dirait, dans sa famille. Et que tous ses exploits ne recevraient pas l'admiration qu'ils méritent.

    Elle n'a que cinq ans, mais ses fréquentations sont déjà fortement contrôlées.

     souvenir d'enfance,vive la famille

    photo prise lors d'une visite du couvent

     

  • X c'est X

    Non, non, rien n’a changé…

    - Vous avez fait de la terre ce qu’elle est : une pétaudière !

    Quand Jules a descendu sa douzième gueuze (de chez Cantillon), il fait profiter tous les clients de l’estaminet de la Carpe (diem) de ses vues sur le monde comme il va. Tout en faisant mine de s’adresser uniquement à son voisin de bar.

    - Mon vieux, par moments t’as une figure d’enterrement ! Regarde-moi ! Devine quel âge j’ai ? Devine ! Qu’est-ce que tu dis ? 55 ? Tu m’as pas bien regardé ? 77 ans, Môssieur ! J’en aurai même 78 en novembre ! Et j’aime autant te dire que les dames ne s’en plaignent pas ! Tu peux me faire confiance. Le plus cornard de nous deux n’est pas celui qu’on croit.

    Heureusement, sa victime du jour est célibataire. Jules glisse de son tabouret, se raccroche au bar et lance à la cantonade :

    -  Il n’y a que les imbéciles qui sachent bien faire l’amour ! Alors oui, je suis un imbécile ! Un imbécile heureux !

    Le patron, qui connaît ses classiques, lui lance :

    - Tu es le cantonnier des chemins vicinaux, peut-être ?

    Jules est arrivé à un stade où plus aucun son ne lui parvient.

    - Alors j’ai bien vu qu’elle me regardait, la dame du premier étage, et je lui ai dit, comme ça : « Avez-vous remarqué que j’avais un beau cul ? »

    ***

    1 Ecrivez le titre de trois chansons que vous connaissez.
    2 Choisissez en une parmi ces trois : celle dont le titre pourra et 
    devra même être celui du texte que vous allez écrire
    3 Vous avez obligation d'insérer dans ce texte cinq répliques ou 
    citations extraites de chansons de Georges Brassens

    Merci à Joe Krapov pour la consigne!
    Aux amateurs qui voudraient chercher les citations de ses chansons: il y en a 5

    Cool